Plutôt que le clivage habituel accueil/fermeté, la loi de 2024 dessine une ligne de partage plus précise : que faire des 35 articles retoqués par le Conseil constitutionnel ?
Assouplir au-delà du texte 2024
Mélenchon
Facilitation de certaines régularisations, maintien intégral de l'AME et du regroupement familial, refus de toute priorité nationale.
Maintenir un accueil encadré
Tondelier · Roussel
Tondelier insiste sur les réfugiés climatiques à venir, Roussel sur la protection des travailleurs étrangers déjà présents. Les deux refusent la priorité nationale et maintiennent l'AME.
Contrôler à l'échelle européenne
Glucksmann
Ni retour en arrière ni durcissement national : une gestion coordonnée au niveau européen des flux et des frontières extérieures.
S'en tenir au texte de 2024
Attal
Celui qui était à Matignon lors de la promulgation défend le texte tel qu'il est sorti de la censure, sans chercher à réintroduire les articles retoqués.
Aller rechercher les articles censurés
Philippe · Retailleau
Retailleau, qui avait porté plusieurs de ces dispositions comme sénateur avant de les défendre comme ministre, veut les faire revoter. Philippe pousse dans la même direction, avec une révision du droit du sol.
Changer le cadre constitutionnel
Le Pen · Bardella
Le RN ne se contente pas de vouloir réintroduire les articles censurés : il propose un référendum, jugeant que le cadre constitutionnel actuel limite structurellement ce type de réforme.
Jean-Luc Mélenchon
La France insoumise
À l'opposé de Retailleau sur le fond comme sur la méthode, Mélenchon ne se contente pas de défendre le texte réduit de 2024 : il veut aller plus loin dans l'accueil, avec des régularisations facilitées et le développement des politiques d'intégration. AME maintenue, priorité nationale refusée, regroupement familial préservé.
Marine Tondelier
Les Écologistes
Tondelier défend une politique d'accueil encadrée, le renforcement de l'intégration, la protection des droits fondamentaux des migrants et le développement des voies légales d'immigration. Elle s'oppose à la priorité nationale et maintient l'AME. Elle insiste sur le lien entre changement climatique et migration, qui créera selon elle davantage de réfugiés climatiques dans les décennies à venir.
Raphaël Glucksmann
Place Publique · PS
Glucksmann veut contrôler les flux migratoires tout en maintenant les obligations humanitaires. Il défend une gestion européenne coordonnée des migrations, le renforcement des politiques d'intégration et l'amélioration du traitement des demandeurs d'asile. Il s'oppose à la priorité nationale et maintient l'AME. Il reconnaît la nécessité de mieux contrôler les frontières extérieures européennes.
Gabriel Attal
Renaissance
Attal est devenu Premier ministre le 9 janvier 2024, quelques jours avant que le Conseil constitutionnel ne censure 40 % de la loi immigration votée sous son prédécesseur. C'est lui qui en a porté la promulgation. Pour 2027, il défend ce texte tel qu'il est sorti de la censure : réduction de l'irrégulière, expulsions accélérées, immigration de travail maintenue, AME conservée dans un cadre renforcé, sans chercher à aller plus loin.
Édouard Philippe
Horizons
Philippe défend une réduction progressive des flux migratoires, un renforcement des conditions d'accès au séjour et une immigration davantage choisie en fonction des besoins du pays. Il est ouvert à une révision du droit du sol et du regroupement familial. Il souhaite améliorer les procédures d'expulsion et développer l'assimilation comme condition d'intégration durable.
Bruno Retailleau
Les Républicains
Sénateur, Retailleau avait fait adopter au Sénat plusieurs des dispositions les plus dures de la loi de 2024, censurées ensuite par le Conseil constitutionnel : délit de séjour irrégulier, amende pour dépassement de visa, durcissement du droit du sol. Nommé ministre de l'Intérieur en septembre 2024, il a annoncé vouloir les faire revoter. Pour 2027, il en fait un programme complet : suppression du droit du sol, priorité nationale sur certaines prestations, suppression de l'AME, expulsions accélérées.
Jordan Bardella · Marine Le Pen
Rassemblement national
Le RN va au-delà même de Retailleau : suppression du droit du sol automatique, priorité nationale étendue aux prestations sociales et à l'emploi public, réduction forte des naturalisations, expulsions massives, suppression de l'AME. Contrairement au reste de la droite, il préfère le référendum au vote parlementaire, jugeant le cadre constitutionnel trop contraignant.
Fabien Roussel
Parti communiste français
Roussel défend une maîtrise des flux migratoires tout en protégeant les travailleurs étrangers déjà présents et en luttant contre le travail clandestin et le dumping social. Il refuse la priorité nationale et maintient l'AME. Il insiste sur l'intégration par l'emploi et la formation, et s'oppose aux discours qu'il juge instrumentalisateurs sur l'immigration.
Quelles sont les différentes catégories d'immigration en France ?
On distingue principalement : l'immigration de travail (personnes venant travailler légalement), l'immigration étudiante, le regroupement familial (rejoindre un membre de la famille déjà établi), l'immigration humanitaire (réfugiés et demandeurs d'asile) et l'immigration irrégulière (personnes sans titre de séjour valide). Le regroupement familial représente la première catégorie d'immigration légale en France.
L'immigration coûte-t-elle de l'argent aux finances publiques ?
Les travaux disponibles aboutissent à une conclusion nuancée. À court terme, certaines dépenses publiques existent (école, santé, logement, aides sociales) mais il existe aussi des recettes (cotisations sociales, impôts, consommation, création d'entreprises). Le consensus scientifique est que l'impact budgétaire global est souvent proche de l'équilibre · ni enrichissement massif ni coût massif.
Qu'est-ce que le droit du sol en France ?
En France, le droit du sol est dit différé : un enfant né en France de parents étrangers n'est pas automatiquement français à la naissance, mais peut le devenir entre 13 et 18 ans sous certaines conditions de résidence (et sous réserve de ne pas avoir renoncé à cette possibilité). Il s'oppose au droit du sang (nationalité transmise uniquement par la filiation). Plusieurs candidats proposent de le supprimer ou de le restreindre.
Quelle est la différence entre intégration et assimilation ?
L'intégration désigne le processus par lequel une personne s'inscrit dans la société en respectant ses lois tout en conservant une partie de son identité culturelle. L'assimilation va plus loin : elle implique l'adoption complète des normes, valeurs et pratiques culturelles de la société d'accueil. Les candidats de droite privilégient généralement le terme d'assimilation, ceux de gauche celui d'intégration.
Sources : programmes officiels, données DGEF, rapports OCDE sur l'immigration · Mise à jour : juin 2026